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Get Even

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Ah la la, j’ai un problème avec toi, Get Even. Quand William m’a demandé un test de toi, je ne savais pas à quoi m’attendre. On me parlait d’un FPS très orienté narration développé par les polonais de The Farm 51 et édité par Bandai Namco Entertainment et tout ceci me semblait bien bon. Mais je t’ai fini Get Even et ce problème persiste. Quel problème me direz-vous ? On y vient.

 

Get Even ou le Walking FPS

Commençons par le commencement. Le jeu nous met dans la peau de Cole Black, mercenaire surentraîné et taciturne sur le point de sauver une otage prête à exploser. Le temps d’apprendre les bases du gameplay et paf, on se réveille finalement dans un asile psychiatrique totalement amnésique et puis … (CRAC !) « Ah bin merde alors, mon détecteur à clichés vient d’exploser sous la pression de tant de clichés à la minute ». Heureusement, j’en ai toujours un de rechange. Ça ne m’était pas arrivé depuis True Fear, c’est ballot, ça m’avait pris un moment pour le faire réparer et puis les réparateurs de détecteur à clichés, ça court pas les rues non plus et puis … je crois que je m’égare (du nord …).

Bref, on se réveille dans le monde merveilleux des clichés et là commence donc le jeu, guidé par la voix d’un mystérieux personnage qui nous donne des indications sur la marche à suivre. Sans vous dévoiler les détails de l'intrigue, sachez que celle-ci tourne autour d’une technologie qui permet de « visiter » vos propres souvenirs et/ou ceux d’une autre personne. L’occasion, une fois dans ces souvenirs, de changer complètement le gameplay pour proposer deux options. La première consiste à écouter le narrateur et à se la jouer infiltration-ninja et l’autre à y aller full-bourrinasse comme dans n’importe quel FPS bas du front.

 

Get Even - essence (pardon …)

Retour dans le monde réel de la réalité véritable (l’asile, suivez un peu) et changement de gameplay (« Quoi ? La transition est brutale ? Faudra vous y faire ! La technologie n’est pas encore au point et les modulations techno-quantiques ... Attendez ... Mon détecteur à clichés de secours s’affole ! »). Changement de gameplay, donc, qui consiste principalement à déambuler dans un asile glauque à souhait en allant de souvenir en souvenir tout en scannant des trucs avec le téléphone. Aaaah, le téléphone, fabuleux outil qui vous sert de scanner pour les preuves et les analyses ADN (Euh, attendez ...), de caméra thermique pour les ennemis (non mais attendez un peu ...), de lumière bleue pour les taches de sang et …. (Stooooop !).

Vous l’aurez compris, niveau gameplay, Get Even est plutôt faiblard tant au niveau de l’infiltration, qui reste assez difficile du fait que le jeu soit en FPS et que les ennemis ont un comportement parfaitement aléatoire (parfois ils me voient à 400 mètres, parfois non alors que je suis à côté d'eux), que de la partie shooter qui est ... sauvée par une trouvaille magique : le corner-gun. Merveilleuse invention qui permet de tirer à 90°, pratique pour se planquer comme un lâche et tirer depuis sa position.

 

Janus ? C’est toi ?

Après ces deux paragraphes, vous vous dites probablement que Get Even est un mauvais jeu. Pourtant, je n’arrive pas à lui coller une balle entre les deux yeux comme je l’ai fait pour Mighty No.9. Pourquoi ? Parce que même si objectivement le jeu n’a pas grand-chose à offrir, il arrive quand même à proposer plusieurs séquences réussies. Alors, oui, pour ces raisons, j’ai du mal à lui en vouloir même si, d’un autre côté, cela me frustre au plus haut point. Je m’explique.

Le jeu me laisse une sensation d’entre-deux, parce qu’il propose des séquences plutôt mémorables (comme celles avec les mannequins) immédiatement suivies par une autre qui casse tout tant elle est "cliché". Le jeu souffle constamment le chaud et le froid comme en proposant le corner-gun, arme pratiquement ultime, tout en rajoutant immédiatement après : « surtout ne l’utilisez pas ! ». Cet entre-deux, ce double visage, se retrouve partout dans le gameplay (walking simulator/FPS), dans l’histoire (séquences excellentes/ratées). Même le moteur, ici l’Unreal Engine 4, donne parfois dans le superbe mais aussi dans le ... moins bon dirons-nous.

 

Bien faire et faire bien

Ce qui transparaît surtout dans le jeu, c’est la volonté de bien faire des développeurs. Malgré tout, là aussi, cette volonté qu’on voit, qu’on ressent, est contre-balancée par une réalisation pataude et le recours à des clichés éculés. J’ai vu passer des remarques sur Get Even qui qualifiaient le jeu de nanar vidéo-ludique, je ne serais pas forcément d’accord car un nanar prête à rire alors que ce qui ressort du jeu, c’est plutôt une mélancolie sur ce que le jeu est et aurait voulu être. Comme si le jeu avait des ambitions, ou en tout cas l’ambition de proposer quelque chose de nouveau, mais qu’il s’était retrouvé pétrifié devant son propre projet avant de finalement opter pour la facilité, les grosses ficelles et les clichés.

Ainsi, difficile de vous recommander Get Even car il est objectivement faible. Mais, paradoxalement, ses faiblesses lui donnent aussi une profondeur, des aspérités qui montrent les stigmates de son développement que l’on devine difficile et chaotique. Malgré une distribution soignée, en particulier le doublage en anglais avec des acteurs que l’on sent impliqués, il manque quelque chose (de l’audace ?) et ce n’est pas la narration inutilement découpée de façon alambiqué (n’est pas Memento qui veut) qui dira le contraire. Disponible à 30€, Get Even est un petit peu cher aujourd’hui mais attendez les soldes ou un bundle et alors peut être que vous pourrez vous faire votre propre avis sur la question. 

 

Verdict :

Comme dit précédemment, difficile de recommander Get Even parce qu’il a trop souvent recours à des artifices (au sens littéral du terme). Le jeu ne m’a pas donné l’impression d’être une énième daube pondue uniquement pour empocher de l’argent facile. On sent l’implication d’une équipe derrière, équipe qui a peut-être eu peur de proposer quelque chose de radical et qui n’est finalement pas sortie des sentiers battus même si, parfois, quelques idées surgissent au long de l’aventure.

6/10
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