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Lecture : The Revolution of Ivy

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Premier article original de notre rubrique DLC – oui, on a déplacé d’autres articles existants à l’intérieur, d’où la mention « original » – avec la suite et fin de la dystopie d’Amy Engel, initié par The Book of Ivy. Ce deuxième tome, intitulé The Revolution of Ivy, reprend là où l’histoire s’était terminée. Comme on n’a pas envie de spoiler, on ne va pas trop en dire sur le début ici, on abordera tout ça dans la première partie, qui suit immédiatement cette introduction, la partie en question sera signalée par une balise spoilers. C'est parti pour notre avis détaillé !

 

Une suite avec du rythme

SPOILERS sur la fin du premier tome. La fin du premier livre laissait Ivy dans une situation tout ce qu’il y a de plus désespérée, exilée en dehors de Westfall après la mise au jour du complot que sa famille a fomenté contre les Lattimer. Dans The Revolution of Ivy, nous retrouvons notre héroïne derrière la barrière qui sépare la ville du reste du monde, à la merci de ce monde hostile. FIN DES SPOILERS.

Autant dire que la jeune fille va connaître des moments difficiles, d’autant qu’un personnage aperçu dans le premier tome refait surface et va être une sorte de Némésis pour elle comme pour tous ceux qui essaieront de l’aider. Ivy va croiser de nombreuses personnes, devoir gérer un retour inattendu et même intervenir pour décider du destin de sa famille. En bref, il se passe énormément de choses dans The Revolution of Ivy, ce qui en fait un livre très dense, qui tient en un peu plus de 300 pages qui se lisent très vite.

Il faut le dire, le premier tome nous laissait dans une telle incertitude et nous avait semblé si magistrale, que nous attendions la suite avec impatience, en se demandant si Amy Engel allait réussir à conserver son immense justesse dans presque tous les types de scènes, des moments d’humour aux moments plus sérieux. Nous allons le voir, le pari est réussi, et haut la main.

 

Un ton juste, des personnages attachants

La grande victoire d’Amy Engel, c’est d’avoir réussi à créer des personnages qui marquent le lecteur – quoique certains passages très isolés paraissent un peu lourds – et d’être parvenue à traiter des sujets très divers avec une justesse impressionnante. Si les lecteurs potentiels pourraient confondre The Revolution of Ivy et le tome qui le précède pour de « traditionnels » petits livres pour ados sans envergure en les voyant dans les rayonnages, ce n’est pourtant pas ce qui caractérise ce livre, au ton résolument adulte.

Pas d’histoire d’amour cul-cul, pas de manichéisme, ni de happy end imbuvable, ici, les relations humaines sont dépeintes avec un grand souci de réalisme. La relation entre Ivy et Bishop passe par toutes les étapes – parfois bonnes, parfois mauvaises – que les couples connaissent dans la vie réelle, le tout étant exacerbé par le contexte, ce qui pousse les sentiments à leur paroxysme. Les relations de famille, notamment entre frères et sœurs sont très évoquées, entre différents personnages et pas seulement en ce qui concerne les Westfall.

Je n’ai pas envie de trop en dire pour ne pas gâcher les excellents moments que le livre pourrait procurer à un nouveau lecteur, mais ce qu’il est possible de dire sans spoiler quoi que ce soit, c’est que The Book of Ivy et The Revolution of Ivy se posent comme deux tomes très homogènes en terme d’intérêt et se lisent très facilement. Tout cela en abordant des thèmes aussi importants que l’amour, la mort, le meurtre, la politique, la vulnérabilité de la femme dans un monde revenu à l’âge de pierre – le personnage qui constitue la Némésis des héros est un violeur et un assassin, ce qui vous donne un aperçu de ce que je cherche à dire. En bref, loin des clichés du livre taillé pour l’adolescent qui ne comprendrait rien à la subtilité de la littérature – bah oui, il parait que les adolescents sont comme ça – Amy Engel nous sert deux livres magistraux et une conclusion à la hauteur du reste.

 

Cette conclusion risque de peut-être aller un peu loin, car le coup de foudre littéraire que j’ai eu pour ces deux livres est en partie du domaine de l’irrationnel. Mais il n’y a clairement pas que ça. Les personnages sont taillés avec une précision extrême – avec quelques rares maladresses, toutefois – les thématiques abordées sont diverses et amenées avec subtilités. Par-dessus tout ça, Amy Engel a eu le bon sens de raconter son histoire en deux livres, ni trop, ni pas assez en l’occurrence. Pour ma part, il s’agit de la découverte la plus intéressante dans le genre depuis un long moment. Il ne nous reste plus qu’à attendre que l’auteure nous parle de ses prochains projets pour avoir confirmation de son immense talent. Pour information, j'avais déjà publié une critique du premier tome sur le site Conso-mag, par ici

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