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Quantum Break

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Article original du 22 avril 2016.

Les créateurs de Max Payne et Alan Wake revienne avec sa dernière production très attendue : Quantum Break. Basé sur des concepts impliquant la manipulation du temps et le voyage dans le temps, le jeu a fait monter la hype autour de lui assez vite, d’autant que leur dernière production avait plutôt convaincu – au point de créer le buzz à chaque soupçon de mise en chantier d’une suite. Notre avis sur ce Quantum Break, qui devrait diviser.

 

Narrativement solide mais poussif au démarrage

Quantum Break tente le pari de mélanger les genres narratifs : le jeu vidéo cohabite avec des épisodes en série live qui ponctue chaque fin d’Acte jusqu’à l’avant-dernier – le quatrième. Autant le dire tout de suite, le premier acte et une partie du second se révèlent assez poussifs et confus dans la mise en place de l’intrigue. On traverse les évènements de cinématiques en phases de jeu en passant par le premier épisode de la série live et on n’est pas sûr de comprendre les enjeux autour de nos actions. Que cela soit voulu ou non, le sentiment d’assister à une histoire faussement complexe n’est pas forcément le plus agréable qui soit.

Ceci étant dit, la narration gagne beaucoup en cohérence et vers la fin de l’acte 2, on rentre de plein pied dans l’histoire que Remedy veut nous raconter. Cible de beaucoup de critiques de la part des joueurs, il faut voir la série live comme un moyen d’expliquer certains évènements ayant lieu dans le jeu et, surtout, de voir les événements d’un autre point de vue. De ce point de vue, le pari est plutôt réussi car le destin des personnages de chacun des arcs parvient à intéresser et le tout se rejoint de manière très naturelle dans le dernier acte.  Au final, l’intrigue est globalement convaincante et la fin laisse ouverte la possibilité d’une suite sans que cela nous laisse un goût trop amer dans la bouche. En soi, si suite il y aura, on comprend que cet arc est terminé et que la quête sera plus personnelle.

L’autre aspect intéressant tient dans les phases où l’on contrôle Paul, l’antagoniste principal du jeu, lorsqu’il doit faire des choix majeurs qui conditionnent une partie du déroulement de la série live et du jeu. On peut noter qu’il existe, du même coup, plusieurs fins différentes selon les choix effectués. Là encore, cela permet d’envisager une rejouabilité intéressante, ce qui n’est pas un mal vu que le jeu se termine en une petite douzaine d’heures de jeu, en prenant son temps.

 

Un gameplay sans imagination

Si la narration reste convaincante, on ne peut pas en dire autant du gameplay. Il y avait vraiment un potentiel énorme, pourtant, les fractures du temps qui arrêtent tout autour de vous auraient pu être mieux intégrées plutôt que d’être de simples phases de recherches d’objets secondaires ou de – trop faciles – énigmes. Pour le coup, on assiste alors à des phases relativement ratées en terme de rythme, en comparaison de celles à base de gunfights.

Ceux-ci se révèlent, d’ailleurs, assez peu intéressants : en mode Normal, on peut presque finir le jeu sans utiliser les pouvoirs spéciaux durant ces phases. Embêtant pour un jeu qui cherche à mettre en avant les capacités de Jack Joyce, le héros. Au final, on retrouve des mécaniques trop classiques qui n’apportent que peu au genre, sauf dans quelques – rares – combats où l’ennemi réclame une technique particulière pour être vaincu. On ne retrouve jamais la tension des affrontements d’Alan Wake, où on ne savait jamais ce qui allait nous tomber dessus et qui ajoutait de l’angoisse à ce cocktail déjà réussi. Ici, presque tout est attendu et sans surprise dans les phases de combat. Même le fait que le temps s’arrête n’ajoute rien puisque nous avons souvent droit aux mêmes ennemis sauf qu’ils peuvent se déplacer normalement comme nous dans ces cas-là. Notons que la présence d’une « vision temporelle » permet de voir tous les objets secondaires, les objectifs et certains endroits où jouer avec le temps permet de progresser, celle-ci casse parfois un peu le plaisir qu’amène l’exploration mais il n’est pas obligatoire de l’utiliser, donc …

Pour ce qui est de l’évolution de Jack, le système est plutôt classique, là encore. On trouve des sources de chronons qui donnent un point de compétence à dépenser pour améliorer ses capacités. Celles-ci permettent de faire une accélération en manipulant le temps, de produire une sorte de bouclier temporel anti-balles mais comme nous l’avons dit, cela sera au final peu utile, à moins de jouer en Difficile. L’évolution est donc très linéaire et ne va pas spécialement étonner les habitués. A noter que des objets secondaires sont à ramasser et nous en apprennent plus sur le background du jeu tandis que des échos quantiques peuvent modifier le cours des événements dans la série live.

 

Techniquement à la hauteur

Vue la configuration demandée sur PC, on en attendait pas moins sur cette plateforme, mais force est de constater que la version Xbox One et son 720p s’en sortent très bien. Graphiquement, c’est fin et on ne voit que peu de défauts. L’image a un certain grain qui peut sauter aux yeux au début de la partie – dans des environnements sombres, en gros – mais cette sensation s’estompe assez vite.

Au-delà du fait que le casting d’acteurs qui prêtent leurs traits aux personnages est impressionnant – Dominic Monaghan incarne William Joyce, Shawn Ashmore est Jack et Lance Reddick devient Martin Hatch entre autres – il faut noter que le jeu d’acteur des artistes est plutôt convainquant et que leur modélisation est assez impressionnante. Petit plus appréciable, ce sont les voix françaises habituelles des acteurs qui sont mises à contribution et il est vraiment agréable que Remedy et Microsoft aient fait cet effort.

Soyons clairs, le rendu n’est pas parfait, quelques petites imperfections sont de mise, mais la remarquable gestion des distorsions temporelles force le respect. Le jeu est une vraie vitrine technologique et il n’est pas loin de miser une grande partie de son intérêt sur cet aspect. Encore une fois, dommage que la version PC semble si gourmande pour un rendu à peine supérieur, si l’on excepte la résolution 1080p disponible. 

 

MISE A JOUR : Un avis plus précis sur la version PC

Maintenant que nous avons à notre disposition une version PC « à plein temps », voyons ce que nous réserve celle-ci à l’occasion de sa sortie sur Steam – elle n’était à la base disponible que sur le Windows Store. Tout d’abord, il faut noter que l’optimisation du titre semble un tantinet meilleure qu’à l’époque de sa sortie initiale. Ce constat est certainement dû aux mises sorties entre temps, mais le ressenti est, du coup, meilleur. Ceci étant dit, on se rend compte que même avec une machine très solide en termes de spécifications, on a du mal à viser le mode graphique Ultra. Le jeu ne semble pas utiliser correctement le CPU des PC, ce qui met le gros du travail sur le GPU, d’où des capacités à demi-exploitées de machines pourtant plus puissantes que la Xbox One.

Toutefois, lorsqu’on arrive à faire tourner le jeu à fond, notre conclusion lors de la partie précédente est d’actualité : le 1080p apporte un petit plus et le jeu est un peu plus fin. Le résultat n’est juste pas à la hauteur des configurations requises pour arriver à ce résultat. Du coup, on se sentira obligé – dans la plupart des cas – de bloquer le framerate à 30fps pour ne pas avoir de chutes en termes de fluidité, c’est dommage quand on joue sur PC, il faut l’avouer.

Ce constat est d’autant plus regrettable que le jeu ne justifie pas vraiment ces difficultés techniques. Nous ne sommes pas face à un monde ouvert mais à des zones plutôt balisées, le jeu est très scripté et ne laisse que peu de part à l’improvisation. Pour conclure, la version PC est la meilleure pour Quantum Break, mais gare aux machines qui ne sont pas équipées d’une GTX 970 – ou équivalent AMD – au minimum. Dans ces cas-là, il est probable que vous n’ayez pas une qualité supérieure à la version Xbox One. Notons également qu’il vaudra mieux jouer à Quantum Break avec une manette, la jouabilité au clavier n’étant pas optimale.

 

Verdict :

Quantum Break est un très beau jeu qu’il est plaisant de parcourir une fois tout en profitant d’une narration qui prend son envol au bout de quelques petites heures – malgré que la série casse parfois un peu le rythme. Au-delà de ça, l’histoire réserve peu de grosses surprises et frise parfois le convenu. Mais le véritable point noir, c’est le gameplay : nous avons à faire avec un TPS tout ce qu’il y a de plus classique qui ne semble pas oser axer son expérience sur les mécanismes dédiés aux pouvoirs temporels. Il ne créé pas de tension comme Alan Wake le faisait, il n’apporte pas un mécanisme méconnu à son époque comme le bullet time de Max Payne. En bref, il est trop classique et n’apporte pas au genre et c’est dommage car le potentiel est là et les joueurs se laisseront certainement séduire par l’envie de savoir ce qui se passe à la fin. Une fin qui laisse supposer une suite avec une séquence post-générique très intéressante. Une expérience à tenter. 

Mise à jour : La version PC ne modifie pas la note attribuée lors de notre test de la version Xbox One

6/10
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