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Persona 5

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Persona est l’une des séries les plus appréciées dans le genre du RPG japonais. L’arrivée du cinquième opus, il y a quelques mois, a fait naître l’espoir d’un renouveau de ce genre qui a difficilement traversé la génération de consoles précédente et n’a pas connu de rebond significatif sur l’actuelle. Persona 5 va-t-il changer la donne ? Notre réponse dans ce test.

 

Des mécaniques intéressantes aux phases variées

L’histoire commence alors que nous contrôlons le héros et qu’il s’apprête à braquer un casino tout ce qu’il y a de plus clinquant. Après une séquence forte en action, tout ne se passe malheureusement pas comme prévu et notre gentleman cambrioleur se retrouve en salle d’interrogatoire. L’occasion de revenir sur son passé trouble d’Arsène Lupin des temps modernes.

C’est de cette manière que nous découvrons le quotidien ordinaire – et souvent extraordinaire – de ce héros silencieux qui va devoir gérer sa vie de lycéen et de membre des Phamtom Thieves of Heart – le groupe de voleurs qu’il forme avec les camarades qui vont le rejoindre. Le fait de jongler entre les différentes phases est l’un des points centraux du jeu. On pourrait avoir tendance à essayer de privilégier les missions qui font avancer l’intrigue mais ce serait une erreur. Gérer le relationnel avec les personnages dont vous souhaitez rester proche est vital pour faire évoluer correctement votre personnage.

Les relations avec les personnages tiers peuvent aller jusqu’à l’amour en passant différentes étapes. Selon les personnages, vous devrez avoir le bon niveau dans certaines caractéristiques pour faire passer un cap à la relation, ce qui met en avant toute l’importance du quotidien dans Persona 5. Faire un petit boulot, répondre correctement en classe, étudier, toutes ces activités permettront d’augmenter des caractéristiques – Connaissance, Témérité, Gentillesse, Maîtrise, Charisme – qui donneront plus de facilité dans vos relations humaines. Selon les personnes – faisant partie du groupe de voleurs ou non – que vous apprenez à connaître et le palier atteint, vous pouvez débloquer différentes aptitudes. Certains de ces personnages pourront même venir vous aider dans des combats, des persona correspondant à ces relations pourront aussi être à votre disposition, mais nous y reviendrons. L’intégration de ces mécaniques de relations dans le gameplay est très bien faite et donne envie de creuser tout ça.

Une fois votre vie correctement gérée, vous devrez jouer votre rôle de « voleur de cœur ». En fait, vous devez purifier le cœur des personnages qui vous entourent de leurs perversions. Vous avez accès à une sorte d’univers parallèle où les personnages se dévoilent et montrent leurs désirs sordides au grand jour. Vous devez donc parcourir un donjon – non procédural, effort à noter – et arriver jusqu’au bout pour voler le trésor qui est au bout et qui est gardé par des Ombres. Ce trésor représentant la part de mal dans le cœur des personnages en question, il est ensuite possible de leur faire confesser leurs crimes dans le monde réel et les remettre dans le droit chemin. Le processus est assez captivant et on prend un certain plaisir à découvrir la noirceur qui sommeille au fin fond de ces personnages du quotidien.

 

Une aventure longue dans un univers inspiré

Un dernier point sur le gameplay avec les combats, qui nous offrent un tour par tour très plaisant à jouer. L’importance des personas – sorte d’esprits qui permettent au héros et ses compagnons de jeter des sorts – est primordiale et si le héros peut en sélectionner plusieurs, interchangeables pour le suivre en combat, les compagnons sont limités à un seul qui est fixe. L’aspect tactique de la sélection de ces persona est très intéressant et il faudra faire les bons choix pour arriver au bout de chacun des donjons. Les Ombres de fin de donjon s’avèrent être des personas corrompus que vous pouvez réussir à vaincre, braquer – lui soutirer un objet ou de l’argent, en gros – ou enrôler dans votre équipe pour profiter de ses compétences spécifiques en tant que persona. Une petite phase de dialogue pour la convaincre de vous rejoindre sera alors enclenchée. Un mécanisme global vraiment sympathique qui amène également un côté « collection » qui est même l’objet d’une quête annexe plutôt addictive.

Pour ceux qui investissent dans les jeux seulement si le rapport prix/durée de vie est bon, pas besoin de s’inquiéter : Persona 5 est monstrueux en termes de contenu, pour peu que les quêtes annexes vous intéressent. Ceci étant dit, même sans ça, il vous faudra au bas mot 50h pour terminer la quête principale si vous prenez soin de bien gérer votre emploi du temps pour optimiser votre évolution au niveau relationnel.

Si techniquement le jeu n’est pas exceptionnellement fin, l’aspect artistique rattrape très bien tout ça. La version PlayStation 4 reste, de toute façon, très jolie et celle sur PlayStation 3 ne s’en sort pas si mal même si elle est moins précise dans les textures et la résolution – 1080p contre 720p. Avertissement aux anglophobes pour terminer : le jeu est seulement disponible avec des sous-titres anglais et des doublages japonais ou anglais. Pour un jeu au scénario aussi dense et imposant, c’est forcément dommageable pour une partie du public. Vous êtes prévenus.

 

Verdict :

Complet, prenant et varié, Persona 5 se pose comme la référence pour la série d’Atlus. L’univers, à la fois ordinaire et qui garde une part de noirceur, ne manque pas d’intérêt et l’envie d’en savoir plus sur les personnages qui nous entourent est vraiment là. Si on exclut une technique un peu en berne, des chargements parfois un peu longuets et l’absence de sous-titres français – enlevez un point si vous ne parlez pas du tout anglais –, Persona 5 a tout pour être ce qui se rapproche le plus de la perfection pour le RPG japonais sur cette génération de consoles.  

9/10
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