Site icon GamersFlag.com

[TEST] Towa and the Guardians of the Sacred Tree, un conte japonais au fil de la lame

Le roguelite est devenu l’un des genres les plus populaires de ces dernières années, au point qu’il devient difficile pour les nouveaux venus de trouver leur propre identité. Avec Towa and the Guardians of the Sacred Tree, Bandai Namco et Brownies tentent pourtant de se faire une place grâce à une direction artistique inspirée du folklore japonais et une formule misant davantage sur la complémentarité des personnages que sur la simple recherche du score parfait. Derrière ses couleurs chatoyantes et son univers enchanteur se cache une aventure qui cherche à séduire aussi bien les amateurs d’action que les passionnés de progression à long terme. Une ambition louable qui permet au titre de se démarquer sur plusieurs aspects, même s’il n’évite pas certains écueils inhérents au genre.

Un système de combat accessible mais suffisamment profond

Dès les premières minutes, Towa mise sur l’efficacité. Les affrontements sont nerveux, lisibles et procurent rapidement un sentiment de satisfaction grâce à des commandes réactives et des attaques particulièrement agréables à enchaîner. Le jeu évite volontairement la complexité excessive pour privilégier le plaisir immédiat, ce qui le rend accessible à un large public sans pour autant sacrifier toute profondeur stratégique.

L’une des particularités du titre repose sur son système de duo. Chaque expédition permet de combiner différents gardiens possédant leurs propres capacités, créant ainsi de nombreuses synergies. Certains personnages excellent dans les dégâts directs tandis que d’autres privilégient le soutien ou le contrôle des ennemis. Cette variété encourage les expérimentations et renouvelle régulièrement les approches possibles.

Au fil des parties, le joueur débloque de nouvelles compétences, améliore son équipement et affine progressivement sa maîtrise des mécaniques. Cette progression permanente constitue l’un des moteurs principaux de l’expérience. Même après plusieurs défaites, le sentiment d’avancer reste présent, ce qui représente l’une des grandes qualités du genre lorsqu’il est bien exploité.

Les combats gagnent également en intensité à mesure que la difficulté augmente. Les affrontements contre les boss exigent davantage d’attention et récompensent les joueurs capables de maîtriser parfaitement leurs déplacements ainsi que leurs capacités spéciales.

Une direction artistique qui fait mouche

Si Towa parvient immédiatement à attirer l’attention, c’est avant tout grâce à son identité visuelle. Inspiré par l’animation japonaise et les contes traditionnels, le jeu affiche une direction artistique particulièrement soignée qui lui permet de se démarquer au premier regard.

Les environnements regorgent de couleurs et de détails. Les villages, les temples et les différentes zones explorées possèdent une personnalité propre qui contribue à rendre l’univers vivant et attachant. Chaque nouvelle région découverte apporte son lot de surprises visuelles et renforce l’envie de poursuivre l’aventure.

Le character design constitue également une réussite. Les gardiens disposent de silhouettes immédiatement reconnaissables et bénéficient d’une animation fluide qui donne du dynamisme à l’ensemble. Ce soin apporté aux personnages facilite l’attachement que l’on développe à leur égard au fil des heures.

La bande-son accompagne parfaitement cette atmosphère. Entre compositions mélodiques et influences traditionnelles japonaises, elle participe activement au charme général de l’aventure. Même lors des combats les plus intenses, la musique conserve cette touche poétique qui caractérise l’ensemble de la production.

Une progression motivante portée par des personnages attachants

Comme tout bon roguelite, Towa repose largement sur sa capacité à motiver le joueur sur le long terme. Heureusement, le titre réussit assez bien cet exercice grâce à un système d’évolution qui récompense constamment les efforts fournis.

Chaque retour au village permet de débloquer de nouvelles améliorations, d’approfondir les relations entre les personnages et d’en apprendre davantage sur l’univers du jeu. Cette boucle de progression apporte une véritable sensation d’évolution qui pousse naturellement à relancer une partie après chaque échec.

Les interactions entre les différents gardiens constituent également une agréable surprise. Sans atteindre la richesse narrative d’un RPG classique, le jeu parvient à donner suffisamment de personnalité à ses protagonistes pour susciter l’intérêt du joueur. Les dialogues, souvent légers et chaleureux, renforcent l’attachement à ce groupe de héros chargés de protéger leur monde contre les forces qui le menacent.

Cette dimension plus humaine apporte une certaine fraîcheur dans un genre qui privilégie souvent le gameplay au détriment de la narration.

Une formule qui peine parfois à sortir de sa zone de confort

Malgré ses nombreuses qualités, Towa ne parvient pas toujours à s’affranchir des limites du roguelite moderne. Après plusieurs heures de jeu, une certaine répétition commence à apparaître. Les environnements restent agréables à parcourir, mais la structure générale des expéditions évolue relativement peu.

Cette impression est renforcée par un contenu qui manque parfois de variété. Certains objectifs reviennent régulièrement et plusieurs situations donnent le sentiment de reproduire des schémas déjà vus au cours des sessions précédentes. Le problème n’est jamais suffisamment important pour rendre l’expérience lassante, mais il empêche le titre d’atteindre le niveau de renouvellement proposé par les grandes références du genre.

Le jeu souffre également de comparaisons inévitables avec des mastodontes comme Hades ou Dead Cells. Sans démériter, il apparaît moins ambitieux dans certains domaines, notamment en ce qui concerne la richesse des rencontres ou la variété des événements susceptibles de bouleverser une partie.

Enfin, certains joueurs pourraient regretter une difficulté globalement assez modérée. Le défi existe bel et bien, mais il reste souvent plus accessible que dans d’autres productions similaires. Ce choix favorise l’accessibilité mais risque de laisser les amateurs de challenge intense sur leur faim.

 

Verdict

Towa and the Guardians of the Sacred Tree est une belle surprise qui réussit à imposer sa personnalité grâce à une direction artistique remarquable, un système de combat efficace et une atmosphère particulièrement attachante. Sans révolutionner le genre du roguelite, le titre de Brownies propose une aventure agréable à parcourir, soutenue par des personnages sympathiques et une progression constamment motivante. Son principal défaut réside finalement dans son manque d’audace, plusieurs de ses mécaniques donnant l’impression d’être inspirées de références déjà bien établies. Malgré cela, son charme, sa maîtrise générale et sa volonté de rendre le genre accessible lui permettent de s’imposer comme une expérience recommandable pour les amateurs d’action et de fantasy japonaise.

7/10

Quitter la version mobile