[TEST] Life is Strange 2 : épisode 3, La fracture approche !

Les mois ont passé, pour nous et les frères Diaz. Nous voilà désormais en mai et le studio Dontnod Entertainment revient avec le troisième épisode de Life is Strange 2 sur PC, PlayStation 4 et Xbox One. Après deux quasi sans-fautes, le studio français va-t-il réussir à tenir la distance ? Les bugs incongrus du deuxième épisode resteront-ils des stigmates  du passé ou un présage du futur ? Nos deux frères vont-ils enfin briser la chaîne du karma ? Réponse tout de suite avec le test de ce nouveau chapitre !

 

Hippie un jour, hippie toujours

Nos deux frères entrent en totale clandestinité.

Ce nouvel épisode de Life is Strange 2 reprend un mois après la fin du deuxième chapitre. Sean et Daniel se sont installés dans un camp sauvage, l’aÎné trimant tous les jours comme travailleur illégal dans une plantation de cannabis dans une forêt californienne. Si l’illégalité était depuis le début un fardeau imposé par les événements, elle est désormais une philosophie pleinement acceptée se mêlant à la clandestinité. Le retour à la société parait plus que lointain, voire inatteignable.

On retrouve ainsi nos protagonistes dans une famille improvisée, vivant d’amour, de cannabis, de bière et d’eau fraîche. Le contexte est présenté comme presque idyllique. Un campement de vagabonds, de globe-trotteurs, d’illuminés, imprégnés de rêves et d’espoirs. On ressent même une fois un réconfort et de la stabilité chez l’aîné Sean, qui retrouve un semblant de vie sociale.

Tout pourrait paraître trop simple. Travailler quelques temps, mettre de côté et payer un aller simple pour Puerto Lobos, au Mexique, et fin. C’était sans compter sur la relation conflictuelle entre les deux frères, forcés de grandir trop vite dans un monde qui les oppresse. L’un, adolescent, doit maintenant devenir un adulte afin de protéger son frère des autres et de lui-même, et l’autre, un enfant rattrapé par la réalité et les responsabilités qui l’incombe.

 

Fini les doutes ! Place à la tension !

Daniel devient réellement insupportable !

Si les chapitres précédents me poussaient aux doutes et développaient en moi des envies de contrôle insoupçonnées, ce troisième volet se démarque surtout par la tension ambiante. Clandestinité et narcotique oblige, notre confiance est mise à rude épreuve ! Cette chaleureuse famille de substitution prend vite des allures étranges et le conflit perpétuel avec Daniel (qui, pour moi, est un gigantesque emmerdeur) vient faire voler en éclat toute sensation de contrôle. Plus de finesse ou de discrétion, on se contente, tant bien que mal, de limiter la casse et ramasser les pots cassés.

Si le premier épisode donnait une sensation d’histoire fantastique et le second chapitre des airs de drame, cette troisième partie prend un aspect de film d’angoisse. Le malheur est là, il arrive mais on ne saurait ni quand ni d’où il va apparaître. Ainsi, les choix restent cornéliens et prenants. Dontnod arrive une fois de plus à nous pousser dans nos derniers retranchements avec une histoire toujours aussi passionnante. Les problématiques demeurent logiques et pleines d’humanité, infligeant un tourment moral constant et omniprésent.

 

Plus, toujours plus !

Maintenant, attaquons le vif du sujet. Life is Strange 2 : épisode 3, mieux ou moins bien ? S’il n’est pas étonnant d’être face à une production digne de ce nom de la part du studio français, le renouveau est-il de la partie ? Eh bien… globalement oui ! On notera quand même quelques bugs graphiques et la présence de petites phases de mini-jeu franchement anecdotiques, que j’excuserai car, malgré tout, porteurs de sens.

Ouais…ça va chier….

Si la réalisation technique ne change pas spécialement (ce qui est plutôt logique si on conçoit les différents épisodes comme un ensemble et non des opus distincts), le traitement des divers sujets proposés apporte une réelle fraîcheur, vis-à-vis de la concurrence et des précédents travaux du développeur. La recette reste sensiblement la même : un scénario palpitant, des interactions multiples, une direction artistique aux petits oignons, le tout accompagné de quelques musiques bien « catchy » comme Melancolic Hill de Gorillaz ou encore D.A.N.C.E. de Justice.

Même si cette habile combinaison fonctionne diaboliquement bien, c’est le traitement qui m’a marqué. Dans ce nouveau volet, Dontnod Entertainement vient mettre un high-kick dans certains tabous du jeu vidéo comme la nudité ou la drogue. Ici, on ne parle pas de décence, de moralité ou d’anti-conformisme. La nudité et la drogue s’introduisent comme des éléments indivisibles à leur réalité. Ces aspects sont là, qu’on le veuille ou non, et on les accepte tels qu’ils sont, sans y voir de connotations particulières, comparé à un Grand Theft Auto qui les montre, voire les sublime,  par le frisson de l’interdit, à un God of War ou un The Witcher qui présente (ou présentait) la nudité et la sexualité comme une récompense. Une intégration qui fait sans et ça fait plaisir dans un genre qui se prête particulièrement bien à ce type de traitement, grâce à sa fine frontière entre jeu et série interactive.

 

 

 

 

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