
Infiltration et assassinats revisités
Dès les premières minutes, Mirage rappelle inévitablement les débuts de la saga, notamment Assassin’s Creed et Assassin’s Creed II. Loin des vastes mondes ouverts récents, ce nouvel opus propose une carte plus compacte, mais dense, où chaque ruelle et chaque toit deviennent des terrains de jeu pour l’assassin.
Cependant, ce retour aux sources s’accompagne aussi d’évolutions bienvenues. Le système de repérage des ennemis est plus intuitif, et le retour du « focus » permet à Basim de marquer et éliminer plusieurs cibles en une séquence fluide, rappelant le système de « marque et exécute » de Splinter Cell : Conviction, qui avait été une grande réussite pour la mise en scène des phases d’action.
Une quête personnelle à Bagdad, personnage à part entière
Le scénario de Mirage est à la fois intime et épique. On suit l’ascension de Basim au sein des Assassins, explorant ses doutes, ses motivations, et ses conflits internes. Cette approche plus centrée sur le personnage contraste avec les récits épiques des derniers opus, offrant une expérience narrative plus concentrée et émotionnellement riche. Malgré des temps faibles qui peuvent parfois nous sortir de l’intrigue et diluer un peu notre intérêt pour découvrir la suite de l’aventure, l’écriture nous a tout de même semblé très solide.
Techniquement réussi, mais…
Graphiquement, Assassin’s Creed : Mirage brille par son souci du détail. La ville de Bagdad est somptueuse, avec une direction artistique qui capte parfaitement l’essence de l’époque. Les jeux de lumière, particulièrement à l’aube et au crépuscule, créent des ambiances immersives, tandis que les textures des bâtiments et les animations des personnages principaux sont très réussis. Les détails comme les vêtements des personnages ou la végétation urbaine ajoutent à l’immersion globale.
Malgré tout, et vous vous en doutez, tout n’est pas parfait. Si les environnements et les personnages principaux bénéficient d’un soin particulier, certains éléments secondaires, comme les PNJ, peuvent paraître moins détaillés et afficher des mouvements un peu rigides. Cet opus souffre également parfois de quelques bugs visuels, comme des textures qui se chargent tardivement ou des problèmes de clipping, surtout dans les zones les plus denses.
La bande-son, quant à elle, complète l’expérience de manière très satisfaisante. Les compositions musicales sont réussies et variées, mêlant instruments traditionnels et orchestrations modernes pour une belle immersion. Le doublage, en arabe comme en français, est de haute qualité, renforçant l’authenticité de l’ensemble, comme dans la plupart des épisodes de la saga qui prennent soin de proposer une VO dans la langue du contexte historique ciblé. On peut cependant noter quelques répétitions dans les dialogues des PNJ qui peuvent briser l’immersion après plusieurs heures de jeu.
Une aventure intense mais brève
Avec une vingtaine d’heures pour compléter l’histoire principale et quelques quêtes secondaires, Assassin’s Creed : Mirage se place dans une durée de vie plus courte que les récents opus. Dans un certain sens, condenser le contenu joue parfois en faveur du jeu, évitant ainsi la dispersion et les longueurs que l’on pouvait reprocher à Valhalla ou Odyssey. La compacité du jeu pousse à l’exploration minutieuse, rendant chaque moment passé dans ce monde riche en découvertes et évitant l’écueil des précédents opus gavés de petits spots parfois peu intéressants à visiter ou, a contrario, parfois trop remplis et perdant le joueur dans une quantité astronomique d’intels à ramasser.

