[TEST] Onimusha 2 : Samurai’s Destiny, un retour affûté mais prudent
Avec Onimusha 2 : Samurai’s Destiny, Capcom poursuit la résurrection de sa série d’action-samurai culte, amorcée par le remaster du premier opus et consolidée par le succès du remake de Resident Evil 4. Ce nouvel épisode repensé pour les consoles modernes cherche à redonner ses lettres de noblesse à un jeu longtemps resté dans l’ombre. Fidèle à l’expérience d’origine, tout en adoptant certains standards actuels, ce remake parvient-il à faire revivre l’héritage de Jubei Yagyu sans trahir l’œuvre initiale ?
Un lifting respectueux mais pas révolutionnaire
Le travail visuel réalisé par les équipes de Capcom est immédiatement perceptible. Modélisation revue, effets de lumière modernes, environnements retravaillés : Onimusha 2 : Samurai’s Destiny conserve la structure rigide des plans fixes, mais les agrémente de textures haute définition et d’animations plus fluides. Le moteur utilisé – une version adaptée du RE Engine – assure une fluidité en 60 fps, avec un verrouillage stable même en combat.
Cependant, ce remake ne cherche pas à transformer le jeu : les cutscenes restent cadrées comme à l’époque, la mise en scène conserve un certain archaïsme, et les environnements ne sont pas plus interactifs qu’auparavant. On est loin de la refonte totale opérée sur Resident Evil 2 ou 3. Ici, il s’agit plus d’un hommage modernisé qu’une réinvention.
Une jouabilité inchangée, pour le meilleur et pour le pire
La structure du gameplay, elle, reste rigoureusement identique. Jubei enchaîne les zones semi-ouvertes, résout des puzzles environnementaux basiques, affronte des démons dans des combats en temps réel à l’aide de son katana et de ses armes élémentaires. Le système de progression par absorption d’âmes reste central, et toujours aussi efficace dans sa simplicité.
Mais cette fidélité se retourne parfois contre le jeu. L’absence d’une esquive moderne ou d’un système de verrouillage de cible plus fluide peut frustrer. Les angles de caméra fixes peuvent encore gêner la lisibilité de certains affrontements, malgré les efforts d’adaptation sur les contrôles. Il faut donc accepter cette rigidité héritée des années 2000 pour profiter pleinement du voyage.
Une ambiance toujours unique
Ce qui fait encore aujourd’hui la force de Onimusha 2, c’est son ambiance, intacte. Les décors féodaux teintés de surnaturel, la bande-son mélangeant instruments traditionnels japonais et nappes inquiétantes, et le bestiaire démoniaque toujours aussi grotesque donnent au jeu une identité visuelle et sonore très marquée. Les doublages d’origine, bien qu’un peu datés, ont été conservés avec soin, et une option de voix japonaises est désormais disponible.
Le travail sonore de restauration est discret mais efficace : les musiques ont été réorchestrées, et les effets audio ont été retravaillés pour s’adapter aux systèmes 3D actuels. Sans faire dans la surenchère, Capcom a su préserver la densité sonore d’un titre à l’ambiance rare.
Entre nostalgie et limites d’un remake minimaliste
Là où le bât blesse, c’est peut-être dans le manque de prise de risques. On aurait aimé que Capcom aille plus loin dans la réécriture de certaines séquences, améliore la fluidité des dialogues, retravaille certaines animations ou même approfondisse les personnages secondaires. Le système d’alliés et d’affinités, original pour l’époque, reste un peu opaque et aurait mérité une interface modernisée.
On regrettera aussi l’absence de bonus majeurs : pas de galerie d’art, pas de mode making-of, et encore moins de contenu inédit. Pour les fans de la première heure, c’est un retour bienvenu mais sans grande surprise. Pour les nouveaux venus, ce remake peut paraître un peu trop figé dans son époque.
Conclusion :
Onimusha 2 : Samurai’s Destiny revient dans une version qui respecte profondément le matériau original sans chercher à en faire plus. C’est à la fois sa force et sa faiblesse. Les nostalgiques retrouveront avec plaisir l’univers si particulier de la saga, sublimé par une technique remise à jour. Mais ceux qui attendaient un véritable remake en profondeur resteront peut-être sur leur faim. En l’état, ce retour reste une belle occasion de redécouvrir un classique trop longtemps oublié, à condition d’accepter ses racines rigides.