[TEST] Days Gone Remastered, un retour plus fluide mais sans (grosse) surprise
Sorti initialement en 2019, Days Gone n’a jamais vraiment fait l’unanimité. Entre ses promesses de monde ouvert infesté de mutants et une narration oscillant entre intensité dramatique et clichés usés, le jeu du studio Bend Studio a autant divisé qu’il a passionné. Avec son arrivée sur PlayStation 5 dans une version améliorée, le titre bénéficie-t-il enfin de la reconnaissance qu’il méritait ? Ou s’agit-il simplement d’un portage technique sans grande valeur ajoutée ?
Une fluidité bienvenue, mais peu d’ambition technique
L’un des apports les plus notables de cette version PlayStation 5 est indéniablement sa fluidité. Le jeu tourne désormais en 4K dynamique à 60 fps, ce qui change considérablement la donne, surtout lors des affrontements contre les hordes d’infectés, autrefois pénibles à suivre à cause des chutes de performance. Le temps de chargement est aussi drastiquement réduit, ce qui rend les transitions entre les zones bien plus agréables.
Mais au-delà de ce confort de jeu, le reste de la mise à niveau reste timide. Aucune prise en charge particulière des fonctionnalités de la DualSense : pas de retour haptique finement exploité, ni de gâchettes adaptatives utilisées de manière significative. Pas d’amélioration graphique majeure non plus : les textures, les animations faciales et certains assets trahissent encore leur origine PlayStation 4. Pour un titre qui aurait pu briller avec un peu plus d’ambition technique, cette version PlayStation 5 donne davantage le sentiment d’un patch de compatibilité qu’une vraie édition améliorée.
Un monde ouvert toujours aussi inégal
Ce portage ne corrige pas les lacunes structurelles du jeu. Days Gone est un monde ouvert généreux, parfois spectaculaire, mais aussi redondant. Les missions, souvent répétitives, peinent à surprendre, et la progression repose trop fréquemment sur un schéma basique : exploration, nettoyage de camp ennemi, réparation de moto ou collecte de ressources.
La narration, centrée autour de Deacon St. John, conserve ses qualités et ses défauts. L’aspect intimiste et émotionnel de certaines scènes fonctionne encore, en particulier dans les moments de deuil ou de camaraderie. Mais l’écriture reste inégale, entre répliques forcées, personnages secondaires peu mémorables et une tendance à vouloir en faire trop. Ce portage PlayStation 5 n’apporte aucune retouche de contenu ou de rythme, et les longueurs de l’expérience initiale sont donc toujours présentes.
Une ambiance post-apo qui garde son efficacité
Malgré tout, Days Gone continue de séduire par son ambiance. Les paysages de l’Oregon dévasté gardent leur charme, entre forêts brumeuses et petites villes abandonnées. Le cycle jour/nuit et les conditions météo renforcent l’immersion, tout comme la gestion de la moto, toujours centrale dans le gameplay. Ce sentiment d’errance, de survie constante, contribue à créer une atmosphère unique, bien qu’un peu plombée par les limites techniques que la version PlayStation 5 ne corrige qu’en surface.
Côté son, les bruitages et les musiques d’ambiance fonctionnent toujours aussi bien pour maintenir la tension, notamment lorsque l’on s’aventure la nuit tombée ou que l’on croise une horde. Pas de réorchestration ou d’améliorations sonores particulières cependant, ce qui renforce l’idée d’un portage à minima.
Conclusion
En définitive, ce Days Gone version PlayStation 5 offre une expérience plus confortable, plus stable et plus fluide, mais n’en change ni le cœur, ni les travers. Il s’adresse d’abord à ceux qui avaient été freinés par les soucis techniques de la version PlayStation 4, ou à ceux qui veulent redécouvrir le titre dans des conditions idéales. Mais ceux qui espéraient une refonte ou une mise à jour ambitieuse seront probablement déçus. Le jeu garde ses qualités : un univers cohérent, une ambiance prenante, une direction artistique marquée. Mais il traîne aussi ses lourdeurs : structure répétitive, narration inégale, manque de renouvellement du gameplay. Le portage PlayStation 5 ne fait que souligner cette dualité en la rendant plus agréable à vivre, sans la transcender.