[TEST] Oblivion Remastered, retour en Cyrodiil ou la nostalgie à l’épreuve du temps

Près de vingt ans après la sortie originale de The Elder Scrolls IV: Oblivion, Oblivion Remastered signe le retour triomphant de l’un des épisodes les plus marquants de la saga. Propulsé par un nouveau moteur visuel et enrichi d’ajustements techniques, ce remaster suscite autant d’attente que de prudence. Entre modernisation graphique et respect du matériau d’origine, que vaut cette résurrection d’un titre culte sur PlayStation 5, Xbox Series et PC ?

Un retour maîtrisé en Cyrodiil

Oblivion Remastered reconduit fidèlement la trame de l’original : la quête du dernier héritier de l’Empire face à l’invasion des portails d’Oblivion et aux sombres desseins du culte de Mehrunes Dagon. Le charme opère dès les premières minutes. Cyrodiil, avec ses forêts brumeuses, ses montagnes enneigées et ses cités tentaculaires, renaît grâce à une refonte visuelle réussie. L’éclairage dynamique, les textures haute résolution et les animations retravaillées transforment l’expérience, sans trahir l’identité graphique d’origine.

Mais ce remaster ne se limite pas à un lifting. Les temps de chargement sont quasi instantanés sur PlayStation 5, la fluidité en 60 fps est constante, et plusieurs éléments de game design ont été rééquilibrés : la montée en niveau moins punitive, une interface adaptée aux écrans modernes, ou encore une meilleure réactivité des combats en mêlée. Autant de petits ajustements qui rendent l’exploration plus fluide sans la dénaturer.

Une modernisation technique respectueuse

Côté technique, Oblivion Remastered surprend par sa solidité. Les bugs légendaires de l’original – personnages qui glissent, pathfinding erratique, physiques bancales – sont pour la plupart corrigés. Le tout est optimisé pour exploiter la puissance des consoles actuelles, avec une gestion des lumières et des ombres totalement revue, une distance d’affichage très étendue, et une prise en charge complète du HDR.

La version PlayStation 5 Pro tire particulièrement bien son épingle du jeu. Elle propose un mode performance qui conserve une résolution dynamique tout en maintenant un framerate stable même dans les zones les plus chargées. Le mode fidélité, de son côté, pousse les effets visuels à leur maximum en 4K native, idéal pour les amateurs de contemplation.

Les musiques de Jeremy Soule, toujours aussi envoûtantes, bénéficient d’un traitement sonore amélioré, et l’ambiance sonore globale gagne en richesse. Les bruitages d’ambiance et les effets environnementaux participent à renforcer l’immersion. Si les doublages restent ceux de 2006, leur qualité a été légèrement rehaussée, bien qu’on aurait pu espérer un retravail plus ambitieux.

Un contenu généreux mais daté

Le remaster inclut d’emblée les extensions Knights of the Nine et Shivering Isles, ce qui permet de profiter de l’expérience complète sans passer par la caisse. Shivering Isles, notamment, reste un bijou de narration et de folie créative, et justifie à elle seule un retour en Cyrodiil.

Cependant, certains choix datés rappellent les limites d’un simple remaster. Le système de quêtes reste parfois confus, l’IA des PNJ conserve son comportement mécanique et les dialogues sont toujours aussi raides. La gestion de l’inventaire ou le level scaling très permissif, qui voit des ennemis surpuissants apparaître en même temps qu’une armée de crabes, divisera encore les joueurs.

Enfin, l’absence de traduction vocale française, comme à l’époque, est un point regrettable, même si les textes sont parfaitement localisés. Heureusement, la communauté se penche déjà sur la question et un mod est en cours de création. Même si on comprend l’absence du doublage car il aurait été long d’adapter le nouveau système de synchronisation labiale, voir une équipe de passionnés s’en charger nous laisse perplexe.  

Un équilibre entre hommage et renouveau

Oblivion Remastered trouve un bon compromis entre respect du jeu d’origine et modernisation bienvenue. Sans révolutionner l’expérience, il parvient à la rendre accessible et agréable aux joueurs modernes, tout en conservant ce qui faisait la force du titre en 2006 : sa liberté d’exploration, ses dizaines de quêtes annexes, ses guildes fascinantes et son atmosphère inégalée.

Certes, ceux qui attendaient une refonte aussi profonde que celle de Resident Evil 2 seront déçus : il s’agit bien d’un remaster, pas d’un remake. Mais pour les amateurs de RPG à l’ancienne ou ceux qui souhaitent (re)découvrir un jalon de l’histoire vidéoludique dans les meilleures conditions, l’expérience reste convaincante.

 

Conclusion :

Oblivion Remastered ne fait pas de miracles, mais il soigne son retour. Graphiquement modernisé, techniquement stable et riche en contenu, le jeu retrouve une seconde jeunesse sans trahir son héritage. Il reste un RPG marquant, certes parfois désuet, mais plus que jamais digne d’intérêt.

Note : 8/10

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