[EDITO/ACTU] Omega Labyrinth Z ne sortira pas physiquement au Royaume-Uni

C’est par un communiqué du VSC, relayé par un tweet que l’organisme a annoncé sa décision de ne pas distribuer physiquement Omega Labyrinth Z au Royaume-Uni. Plusieurs points sont à expliquer. Le VSC, c’est quoi ? Ce n’est pas un lecteur vidéo, comme un lecteur inattentif pourrait le penser, mais le Video Standards Council. Pour reprendre ce que disait déjà Gamekult dans sa news, le PEGI (Pan European Game Information) est un système de classement des jeux, mais vous commencez à le connaître. Le PEGI est divisé en deux “branches”, celle gérant les jeux pour les moins de 12 ans administrée par le NICAM (Netherlands Institute for the Classification of Audio-visual Media) et celle concernant les jeux pour les 12 ans et plus, représentée par le VSC.

Le VSC est donc en charge d’attribuer (ou non, le cas échéant) le niveau de classification PEGI qui va accompagner la sortie du jeu. Alors, pourquoi empêcher uniquement une sortie physique dans un seul pays européen ? le VSC explique dans son communiqué que :

Le VSC croit que le contenu de ce jeu, qui présente un fort attrait pour les joueurs adolescents, est un problème qui serait inacceptable pour la majorité des consommateurs britanniques et que, plus important, il a le potentiel pour être significativement blessant pour le développement social et moral des plus jeunes, en particulier.

Extrait traduit du communiqué

 

Il ressort de ce communiqué que le VSC pense que le marché britannique serait trop choqué de voir une sortie physique d‘Omega Labyrinth Z. Cela ne veut pas dire que le jeu ne sortira pas en version dématérialisée mais bel et bien que le jeu ne doit pas se trouver face au public dans un étal sous peine de troubler l’ordre public.

Alors, Omega Labyrinth Z, c’est quoi ou, plutôt, pourquoi ce jeu serait-il si propice à troubler l’ordre public ? Le jeu est un dungeon crawler prenant place dans l’Anberyl Girls Academy. Une école où se trouverait supposément le Graal (alors que tout le monde sait qu’il se trouve dans le château de aaargh). Le jeu est aussi célèbre pour être surnommé “The Quest for the Breasts” (grande classe) puisque les écolières avec qui l’on joue gagnent en puissance en augmentant la taille de leurs poitrines, le tout accompagné de mini-jeux plus ou moins scabreux, selon l’occasion.

Alors, le VSC a-t-il “censuré” (sachant qu’apparemment l’interdiction touche uniquement la version physique du jeu) Omega Labyrinth Z par un excès de pudibonderie si anglo-saxonne ? Je pense qu’il y a méprise pour beaucoup de gens qui ont pensé que c’était effectivement la sexualisation de tous les personnages qui posait souci. Or, le nœud du problème n’est pas dans cette sexualisation générale mais bien dans le fait que, parmi les personnages avec qui on peut interagir, il y ait un personnage clairement représenté comme étant une enfant.

 

Le jeu est explicite dans le fait que l’action se déroule dans une “école” et que la majorité des personnages soient des jeunes filles – une enfant est présentée comme étant une “première année” et est vue tenant dans ses bras un ours en peluche. Le jeu fait clairement la promotion de la sexualisation des enfants via les interactions sexuelles entre le joueur et les personnages féminins.

Extrait traduit du communiqué

 

Le problème est donc bien là car le Royaume-Uni, et plus généralement les pays anglo-saxons, traitent de manière extrêmement sévère tout ce qui touche à la sexualisation des enfants. Pour avoir travaillé au Royaume-Uni avec des enfants, justement, il y a, avant de commencer le travail, toujours une réunion obligatoire extrêmement lourde afin de mettre en place des gardes-fous pour prévenir tout comportement suspect que pourrait avoir une personne envers les enfants avec qui nous travaillons (avec obligation de les dénoncer).

Ce n’est donc pas une surprise pour moi que le VSC empêche une distribution physique du jeu sachant qu’il contient la sexualisation plutôt marquée d’une enfant. C’est aussi là que se mesure le fossé culturel qu’il peut y avoir entre un pays qui a été relativement complaisant envers la pédopornographie (la loi concernant la détention d’image pédopornographique au Japon date de 2015 et on se souvient de l’arrestation de l’auteur de Kenshin le vagabond) et un pays qui ne laisse rien passer sur cette question. La décision du VSC fait donc sens car le public britannique ne peut pas accepter que de telles représentations se retrouve dans un jeu, encore moins dans un jeu distribué physiquement, aux yeux de tous.

Les différences culturelles sont parfois telles qu’elles entrent parfois en collision frontale avec les nôtres (coucou, le test de Kim sur Criminals Girls). Il est parfois difficile de faire la part des choses, d’autant plus que le Japon possède indéniablement un soft power, un attrait culturel assez fort pour que beaucoup de personnes passent outre. Mais ne pensez pas que cela ne fonctionne que dans un sens. Si jamais un jeu européen venait à sortir et traitait de thématiques tabous au Japon, nul doute que la réaction serait similaire (allez, chiche, qui se dévoue pour sortir un RPG se situant en Mandchourie où l’on doit se battre contre l’unité 731 ?).

Alors, qu’en penser ? Pour ma part, cette décision ne me surprend guère. De toute façon, si ce jeu avait pu sortir physiquement au Royaume-Uni, il est fort probable que cela aurait causé un tollé justement prompt à troubler l’ordre public (comme on aime à le dire en France) et je suis presque sûr que le jeu aurait fini par être interdit dans le pays par une loi. Le VSC ménage donc la chèvre et le chou en reléguant le jeu dans les arrières-boutiques du PlayStation Store.

 

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