[TEST] Injustice 2, Injustice partout, police nulle part

Avec un premier Injustice qui avait en partie redéfini les jeux de combat à grand spectacle, les développeurs de NetherRealm Studios et l’éditeur Warner Bros. Interactive Entertainment remettent le couvert avec Injustice 2. L’écurie de super-héros de chez DC Comics fait-elle encore mieux avec cette suite ? Va-t-on enfin savoir comment se termine l’histoire ?

Gott ist tot

Injustice 2 est donc un jeu de combat qui s’éloigne significativement de la tendance du concurrent historique de DC, Marvel Comics. Alors que ces derniers privilégient depuis quelques années la série des Marvel vs Capcom, où une équipe de trois combattants s’affronte joyeusement, DC a choisi d’opter pour une approche plus classique avec du un contre un. Pour résumer de manière simple et claire, ici, un personnage de l’écurie DC (c’est du moins le cas de la plupart des personnages jouables) se castagne contre un autre personnage. Chacun possède une double barre de vie qu’il faudra vider pour finir le combat (oui, je sais, ça semble logique mais je préfère préciser).

La petite subtilité vient du fait que lorsque la première barre de vie se termine, le combat s’arrête quelques instants pour ensuite reprendre. Ce qui signifie aussi qu’on ne peut pas entamer la seconde barre durant un combo ou une attaque spéciale. Il faut donc bien savoir doser et surtout choisir le bon moment pour attaquer. Les combats sont rapides et nerveux. Ils possède une sacrée patate et, quand on envoie la purée, on a de suite la frite (ho ho ho). Plus sérieusement, les combats sont absolument jouissifs de puissance, chaque enchaînement donne lieu à un cassage de dents en règle, le tout de manière extrêmement visuelle.

La cité de dieu

Le premier jeu avait déjà imprimé sa marque avec un mode solo réussi et force est de constater que Injustice 2 place la barre tout aussi haut, voire même au-delà. N’ayant pas joué au premier Injustice, j’ai pu facilement comprendre les tenants et aboutissants de ce second mode histoire sans difficultés. Pour résumer simplement, Superman, chagriné par la mort de Loïs, décide que mettre les méchants en prison, c’est bien beau, mais s’il finissent toujours par s’échapper et semer la désolation, il serait peut-être plus judicieux de les tuer pour éviter qu’ils ne recommencent. Imparable sur le papier, il ne reste plus qu’à faire abstraction de toute empathie pour mener à bien ce projet.

Malheureusement, ou pas, un fier chevalier va surgir de la nuit (non ce n’est pas Zorro, un peu de sérieux) et décide que, non, tuer, c’est mal et qu’il ne faut pas dépasser le stade du trauma crânien. Ce héros, c’est Batman (le plus empathique de chez DC, surtout depuis Frank Miller), et il s’agit du point de départ de l’histoire. Le tout est raconté avec moult cinématiques vraiment bien réalisées et je me suis surpris à suivre cette histoire avec délectation, ne manquait plus que le popcorn et j’étais au cinéma.

Injustice social warrior

Je vous parlais plus haut des combats. S’ils sont extrêmement bien troussés, ils sont presque sublimés par un casting cinq étoiles qui, lui, ne vient pas d’Italie. À vous les joies de jouer avec votre personnage de DC préféré, sachant que, cerise sur le gâteau, chacun possède un gameplay qui lui est propre. On pourrait pester contre des personnages moins bien lotis que d’autres. Cela peut poser un problème quant à l’équilibre des combats mais disons que si vous gagnez avec un personnage un peu en dessous, cela sera avec panache. Je regretterais néanmoins un manque d’explications au départ d’ Injustice 2 qui nous lâche dans le jeu sans vraiment nous proposer un tutoriel efficace pour parvenir à maîtriser rapidement les contrôles mais on finit heureusement par prendre rapidement ses marques.

Au niveau du style des personnages, il y en a pour tous les goûts. Des grosses brutes qui frappent fort (Bane), des personnages qui manient une arme et sont parfaits pour le mi-distance (Aquaman, qui, pour une fois, n’est pas la cinquième roue de la Justice League), ou, mon petit chouchou, Flash. Ahhh, Flash, une sorte de Cassius Clay sous amphétamine qui frappe beaucoup et vite : rien de tel pour faire rager un adversaire un peu trop chafouin. Certains personnages vous laisseront sans doute de marbre, personnellement c’est Firestorm que je suis incapable de jouer, mais le fait est qu’il y aura forcément un avatar qui vous conviendra et que vous ne pourrez plus lâcher.

Parmi les derniers personnages arrivés, on notera la présence de Leonardo, tiré des Tortues Ninjas. Fun à jouer, il a une bonne allonge et bénéficie du support des autres tortues qui viennent lui filer un coup de main durant les combats. Dans la dernière fournée de personnages jouables nous pouvons signaler la présence de Black Lightning, Atom (une plaie en adversaire), Starfire, Sub-Zero et d’autres encore. De quoi continuer à varier les plaisirs en découvrant de nouvelles manières de jouer.

Le retour de la vengeance

S’il ne s’agissait que de ça, Injustice 2 serait déjà un excellent jeu. Mais une fois le mode histoire fini (comptez 5 bonnes heures), le jeu propose de nombreux modes en solo pour continuer à jouer tout en ayant un minimum de challenge et de choses à faire pour s’occuper. C’est là qu’entre en scène le mode multivers qui propose des défis changeant régulièrement et qui permettent de débloquer des améliorations pour ses personnages. Arrêtez de crier ! Ce n’est pas la peine de s’énerver avant que j’aie fini de vous expliquer de quoi il retourne.

Je reprends, il s’agit donc de débloquer des améliorations pour vos personnages qui gagnent des niveaux au fur et à mesure de l’aventure. Ainsi, il est possible d’équiper vos personnages avec des équipements débloqués dans des boites à butin (des lootbox, oui, oui). Par exemple, mon Flash peut se voir équipé de nouvelles cuissardes qui vont améliorer sa résistance ou ses points de vie. De quoi susciter l’intérêt des joueurs sur une période assez longue et garantir plus d’heures de jeu. Bon, cachée dans un coin, l’option d’acheter de l’argent virtuel avec du vrai argent est également disponible. C’est un joli carton rouge à ce niveau-là, d’autant plus que les joueurs auront tendance a se focaliser sur un ou deux personnages à jouer quand les récompenses dans les boites concernent tout le monde, ce qui encourage donc les achats en argent réel (oui, vous pouvez recommencer à crier voire même huer un peu, selon votre humeur).

Verdict

8/10

Au final, Injustice 2 est-il un bon jeu ? Oui, incontestablement, il est un excellent divertissement tant sur le plan ludique que narratif. Son catalogue de personnages est vraiment complet et chacun y trouvera forcément chaussure à son pied. Il ne possède finalement que peu de défaut si ce n’est peut être un équilibrage parfois fragile et un système économique à la limite, par moments, mais rien que ne soit vraiment rédhibitoire.

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