[TEST] Days Gone, le jour se lève, les zombies s’endorment…

Exclusivité phare du début d’année sur PlayStation 4, Days Gone nous est enfin arrivé après quelques présentations aux derniers E3 qui avaient réveillé notre intérêt. L’accent mis sur la gestion d’une rencontre avec une horde de zombies et les interactions avec l’environnement qu’elle impliquait suscitait la curiosité et semblait montrer une nouvelle voie dans le gameplay pour les jeux du genre. Voyons si ces impressions se confirment dans les faits avec notre test.

Un scénario au jour le jour

Days Gone nous met dans la peau de Deacon St John, un ancien membre d’un groupe de drifters (autrement dit, un gang de motards) qui a perdu la trace de sa femme durant les débuts d’une épidémie qui a transformé la quasi-totalité des humains en mutants meurtriers. Le principal but de notre quête à ses côtés sera de savoir ce qu’il est advenu d’elle durant les deux années qui se sont écoulées entre la séquence d’introduction et le début réel de l’aventure dans le no man’s land.

Les missions de la quête principale auront, dans un premier temps, pour objectif le fait de remonter le fil des souvenirs de Deacon et de retrouver l’agent du gouvernement auquel il avait confié Sarah — sa femme, donc — alors qu’elle était mourante, afin de la sauver. Tout cela nous fait passer par quelques rebondissements qui laissent planer le doute sur le devenir de Sarah et il est difficile de savoir si celle-ci est toujours vivante ou non. A noter, également, le traitement de la psychologie des personnages qui nous entoure, souvent très juste et s’éloignant des scènes cliché que l’on peut voir dans les productions du genre post-apocalyptique (que ce soit autour des zombies ou pour d’autres raisons).

Le fait que le joueur reçoive certaines informations importantes au fur et à mesure de l’avancée dans le jeu donne parfois l’impression d’évoluer à l’aveugle sans connaître tous les enjeux mais le parti-pris reste intéressant et sort un peu de l’ordinaire. Pour autant, le fait de pouvoir effectuer dans l’ordre que l’on souhaite les missions de telle ou telle faction amène parfois quelques incohérences dans les dialogues (Léger spoiler : comme lorsque notre ami Boozer est censé être inconscient à cause d’une opération et qu’il nous parle après la fin d’une mission prévue pour être faite plus tôt dans l’aventure). Ce ne sont, heureusement, que des détails.

Les jours se suivent et se ressemblent

Comme nous l’avons souligné dans notre introduction, les premières présentations du jeu faisaient la part belle aux rencontres avec les hordes et les façons d’arriver à leur échapper. Disons-le tout de même : cela ne constituera pas la majorité de votre aventure, au du moins, pas avant d’avoir beaucoup avancé dans le jeu. Pour la plupart du temps, vous serez confrontés à quelques mutants que vous pourrez éliminer furtivement et les hordes devront surtout être contournées pour éviter une mort quasi-immédiate. Ce n’est qu’après avoir amélioré grandement votre inventaire et vos compétences que vous vous frotterez à ces regroupements de mutants. Et on peut dire que la tension installée par ces rencontres (via la musique, excellente, ou les lieux de rencontre, souvent angoissants) constitue de grands moments.

Les hordes sont vraiment impressionnantes

Pour le reste, nous avons à faire avec un gameplay de jeu d’action en monde ouvert à la troisième personne tout à fait classique avec des armes à feu, des armes de corps à corps, des projectiles (grenades, cocktails molotov, etc). Il est possible de récupérer les plans des armes à projeter et des trousses de soin afin de la fabriquer avec les ressources que l’on trouve, plutôt complet, donc. Le système d’expérience, quant à lui, permet d’acheter des compétences dans trois arbres d’évolution différents (combat à distance, combat de mêlée et survie), donnant des capacités supplémentaires. Aider un camp ou lui ramener de la nourriture ou des preuves que l’on a tué des mutants permet d’obtenir des crédits et de la confiance auprès du camp en question. Selon le camp, cela permettra d’améliorer sa moto ou d’acheter de meilleures armes, entre autres bonus. L’intérêt est donc grand de faire ces quêtes car améliorer sa moto ou la qualité de ses armes devient très vite vital. C’est une façon intéressante de rendre les quêtes secondaires attractives de la part des développeurs et c’est un effort qui mérite d’être souligné.

Le fait que les quêtes à accomplir proviennent de différents camps n’amène pas pour autant des problématiques de choix si fortes que cela. Pourquoi ? Parce qu’il y a, finalement, assez peu de missions où l’on devra choisir une allégeance plutôt qu’une autre et, même quand cela arrive, il n’y aura jamais de malus dans votre alignement. Par exemple, le fait de choisir de donner des médicaments à un camp plutôt qu’un autre au début de l’aventure vous donnera seulement un bonus de confiance pour le camp choisi et aucun malus pour l’autre. Les enjeux se trouvent donc être peu nombreux. De la même manière, le fait d’aider un camp n’a pas forcément d’impact visible sur celui-ci. On aurait, par exemple, pu s’attendre à voir l’endroit se développer, améliorer ses défenses. Finalement, rien de tout cela et on se dit que c’est bien dommage tant cela aurait ajouté à l’immersion et joué sur l’implication du joueur. Reste un dernier point : les phases en moto sont, pour le coup, très agréables et les sensations sont très bonnes une fois qu’on s’est bien fait la main dessus.

L’open world à parcourir est, par ailleurs, plutôt varié et agréable et s’avère plus vaste que l’on pourrait le supposer au premier abord. Le fait de limiter les déplacements selon si le trajet est coupé par une infestation (dont il faudra détruire les nids) et d’ajouter la contrainte du carburant et de l’état de la moto pour pouvoir voyager est une très bonne idée.

Techniquement, on a connu des jours meilleurs

Si Days Gone reste d’une qualité très convenable graphiquement parlant, de même qu’au niveau de sa bande-son, de nombreux reproches peuvent lui être faits. En premier lieu, de nombreux bugs se sont trouvés être assez gênants — personnages ou animaux qui se bloquent dans les décors, dans la moto — ou carrément bloquants — personnages qui ne vont pas à l’endroit prévus et qui bloquent l’avancement d’une quête. Heureusement, la plupart de ceux-ci ont été corrigés au fil des (nombreuses et lourdes) mises à jour qui ont été proposées depuis la sortie du titre.

Ensuite, quelques imperfections graphiques qui rendent certaines scènes moins impactantes — comme celle, plutôt avancées dans le jeu où l’un des personnages se fait brûler l’avant-bras et où la zone brûlée est visiblement décollée du reste du bras, pas très propre, en somme. Pour le reste, visuellement, Days Gone propose tout de même un rendu de très bonne qualité, notamment au niveau des expressions des visages des personnages principaux, vraiment très bien faites.

Le principal reproche qui pourrait être fait au jeu serait la longueur incroyable de ses temps de chargement et en particulier les deux précédant chaque lancement du titre : interminables. On se dit que tout cela ira mieux sur PlayStation 5 mais tout de même… La problématique reste la même en plein milieu d’une quête quand le jeu fait une ellipse et que le jeu passe alors d’une zone à une autre et que les deux sont très éloignées sur la carte. Tout cela entraîne des coupures dans le rythme des missions qui sont parfois préjudiciables.

Pour terminer, saluons l’effort de Bend Studio au niveau du suivi de leur titre. En effet, les développeurs proposent tous les vendredis pendant 14 semaines des défis avec un système d’évolution propre qui s’avèrent être un bon moyen de prolonger l’aventure. Les défis sont très variés et correspondront aux goûts du plus grand nombre (on retrouve ainsi des épreuves autour du pilotage de la moto, de l’affrontement de hordes ou de la destruction de camps ennemis). On espère maintenant un DLC scénaristique ou une suite tant la fin, plutôt très réussie et dont le twist final (visible durant la fin « cachée, après la quête principale) nous a particulièrement choqué et intrigué, laisse beaucoup d’interrogations sur cet univers très prenant.

 

Verdict

9/10

Que les réserves émises dans ce test ne vous alarment pas trop : Days Gone est un jeu très agréable avec un univers vraiment bien développé. Le gameplay s’avère être très varié, il réutilise des standards déjà mis en place par d’autres (au hasard Horizon : Zero Dawn, pour ne citer que lui) mais arrive à y apporter une véritable intelligence dans la façon dont les phases s’enchaînent, créant une aventure agréable et où l’on a quasiment jamais l’impression de répétition dans l’action. Les phases avec les hordes amènent une véritable tension et forcent le joueur à réfléchir à sa stratégie. L’aventure est, ainsi, réellement intéressante à parcourir et pourrait intéresser des profils très variés de joueurs (des plus au moins expérimentés, l’expérience en a d’ailleurs été faite lors de ce test, durant lequel le jeu a fait l’unanimité). Si l’on devait résumer : Days Gone est un très bon jeu et mérite d’être parcouru. On dit à très bientôt à Deacon St John dans un probable Days Gone 2 !

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