[TEST] World of Warriors – A la conquête de la console de salon !

World of Warriors c’est, à l’origine, un jeu mobile développé pour iOS et Android par Mind Candy. Mais, depuis mars de cette année, le jeu s’est vu adapté à un format console de salon, avec ce portage sur Playstation 4. La nouveauté, outre le changement de plateforme, c’est l’apparition du mode multijoueur. La rédaction de GamersFlag a voulu en savoir plus sur la qualité de cette adaptation. La transition mobile vers console est-elle réussie ? Voici notre avis.

Une guerre des genres

Le pitch est simple et va droit au but : il vous faut monter une armée composée de puissants guerriers, toutes civilisations confondues ! Vikings, inuits, romains : les plus grands guerriers de l’Histoire sont invoqués sur les dangereuses terres sauvages pour affronter des hordes d‘ennemis maléfiques.

Le jeu, tout en 3D colorée, présente des combattants à grosses têtes et tout petits corps, façon pop-head, un paradoxe entre violence et candeur. Le premier point positif de l’adaptation est visible au niveau des graphismes, avec de jolies petites cinématiques qui démontrent d’une bonne exploitation des ressources de la console. La musique d’introduction, avec ses accords métal et ses chœurs primitifs (rappelant légèrement l’adorable Patapon), joue aussi sur cette fusion entre férocité et mignonnerie. La musique d’ambiance est à la fois discrète et se remarque. C’est ce qu’on attend d’elle. L’ambiance que mettent le visage et la voix de “Monsieur Tuto” ne sont pas sans rappeler le vieux petit ange de Black and White, cela participe à l’atmosphère globale du titre.

Ce qui est intéressant chez World of Warriors, c’est la définition de son genre. Il est un peu compliqué de le mettre dans des petites cases, car son esthétique et son gameplay rappellent différents types de jeux. En effet, si l’écran de votre campement fait penser à une map de tower defense, certaines mécaniques empruntent aux classiques du RPG avec la présence de barres d’endurance, santé, mana, et le grindage d’ingrédients (pour les potions) ou matériaux (pour la forge). L’introduction du jeu, en revanche, toute en démonstration de force de chacun des guerriers, fait plutôt penser à un jeu de baston. Finalement, les tournois en mêlée sur terrain interactif confirment un peu cette intuition. World of Warriors serait donc presque un jeu-hommage puisqu’il présente les codes de divers genres vidéoludiques. C’est pourquoi il est très dur de le classer dans un genre précis.

Veni Vedi… mais pas vraiment Vici

Le but du jeu est donc de vous battre en arène contre d’autres guerriers. On progresse dans différents tableaux avec, à la clé, un boss à affronter à la fin du niveau. Afin de pouvoir varier les plaisirs, différents personnages sont jouables et se débloquent grâce aux pierres d’honneur, reçues à l’issue des tableaux. Chaque guerrier bénéficie d’un pouvoir élémentaire (terre, air, eau ou feu) et, bien sûr, chaque élément va être le point fort ou faible face à un autre (l’eau bat le feu, par exemple). Ce petit détail ajoute une pointe de stratégie au gameplay, ce qui est bienvenue car certains boss ne peuvent, du coup, pas être vaincus au forcing. Ceci étant, pour la plupart des autres combats, le constat est différent et il suffira souvent de foncer tête baissée et de spammer la manette pour l’emporter. Voilà qui décrédibilise la tentative de rajouter un semblant de réflexion au gameplay.

Pour ce qui est de l’environnement, les combats se déroulent sur les terres sauvages, en arènes. Les terrains sont interactifs et offrent tant des bonus que des handicaps. Malgré tout, les arènes restent assez fades et uniforme malgré les items qui tombent du ciel (à la manière d’un Super Smash Bros, en moins fun…). A ces deux défauts majeurs s’additionnent plusieurs autres petits détails irritants. Les personnages sont très « choupi », comme nous l’avons dit précédemment mais leur taille exagérément petite rendent les combats parfois illisibles. En effet, il sera parfois impossible de discerner vos mouvements ou ceux de vos adversaires, ce qui rend les parades, combos ou esquives difficiles. La caméra, plutôt correcte en général, reste ponctuellement capricieuse et rend la mêlée encore plus floue. Difficile donc d’appliquer une stratégie d’attaque, aussi mûrement réfléchie soit-elle, dans des conditions pareilles. Alors, dans le doute, le mieux est encore de taper dans le tas comme un sourd.

Venons-en au grand changement de cette version qu’est le multijoueur. Ce mode propose deux nuances, le versus et la ligue – en local ou en ligne. Il est donc possible de rejoindre une mêlée de 4 joueurs, en combat rapide ou en ligue pour plus de challenge et faire partie du classement. Le concept est idéal car un jeu de ce type s’apprécie d’autant plus à plusieurs. Mais il se heurte à un énorme problème : les serveurs sont déserts ! Personnellement, je n’ai pu trouver que quelques joueurs et cela m’a demandé beaucoup de patience dans la salle d’attente. Il manque vraisemblablement une communauté de joueurs autour de World of Warriors, ce qui limite l’intérêt actuel du mode multi. Dommage.

 

Verdict

6/10

Malgré les efforts des développeurs, on sent tout de même les origines mobiles derrière le jeu, qui mise parfois trop sur la simplicité. Les combats, bien que présentant quelques subtilités, restent basiques et, par conséquent, une répétition se fait vite sentir. L’esthétique hybride du jeu, même si intéressante et travaillée, n’est pas assez forte pour le sauver totalement. World of Warriors. Ce qui était acceptable pour un jeu mobile semble simpliste sur console. On apprécie l’effort mais on déplore le manque de prise de risque.

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