[TEST] Ghost of Tsushima, suivre la voie du samouraï… ou pas

Ghost of Tsushima, celui que l’on pourrait considérer comme la dernière exclusivité d’une PlayStation 4 au crépuscule de sa carrière. Alors, on en attend beaucoup. C’est mon cas également. Nous allons donc voir ensemble si le titre a les moyens d’offrir une fin en apothéose à sa console hôte. Nous voilà partis dans une aventure au cœur de l’île de Tsushima où notre sens de l’honneur va être mis à rude épreuve !

 

 L’unique espoir de Tsushima

L’épopée de Jin Sakai débute alors que les Mongols, un peuple d’Asie continentale, essaie d’envahir l’île de Tsushima, se trouvant à mi-chemin entre le territoire principal nippon et l’actuelle Corée du Sud. La bataille se passe mal et Jin ne doit sa survie qu’à l’intervention de Yuna, une jeune voleuse, qui l’a extirpé, grièvement blessé, de la zone des combats. Après avoir recouvré vos esprits et repris possession de votre équipement, vous allez devoir partir en quête d’alliés pour sauver votre oncle qui a été capturé par Khotun Khan, le chef des envahisseurs.

Le jeu se drape d’une ambiance très plaisante et traite de thématiques fortes : le rapport à l’honneur, la notion de bien et de mal et comment les circonstances peuvent pousser les personnages à renier – ou non – leurs principes les plus fondamentaux. Pendant toute l’aventure, Ghost of Tsushima met à l’épreuve Jin Sakai et, par extension, le joueur, le poussant petit à petit à abandonner tout espoir de préserver le code d’honneur des samouraïs. Le jeu rappelle d’ailleurs parfois au joueur que ses actes sont contraires aux valeurs de sa famille : quand vous utiliserez des techniques de combat déshonorantes, un court flashback ou une phrase de l’un des proches de Jin se lancera pour vous faire comprendre que vous êtes sur le mauvais chemin.

Si l’on pouvait faire un reproche à l’approche choisie par les développeurs, nous pourrions largement regretter qu’il ne soit pas vraiment possible d’influer sur cet état de fait : vous serez obligés ou presque d’utiliser ces techniques si vous voulez progresser dans le jeu. Il est dommage de donner autant d’importance à un thème aussi fort et de ne pas laisser les joueurs choisir réellement leur voie. La fin du jeu – très bonne au demeurant – le prouve puisque le sens général montre qu’il n’est pas possible de rester dans la voie du samouraï. La fin du jeu vous proposera en fait un choix, mais il sera plus symbolique qu’autre chose.

Un gameplay entre variété et redondances

Si l’on devait décrire le gameplay de Ghost of Tsushima, nous pourrions sans doute le résumer de cette manière : Assassin’s Creed avec des samouraïs. Ceci étant, cela serait un peu réducteur, à mon avis, même s’ils partagent nombre de similitudes. Pour ce qui est de celles-ci : nous avons affaire avec un monde ouvert, des quêtes importantes mises en avant sur une carte, des objectifs secondaires qui incitent à l’exploration ou encore un personnage assez agile qui peut grimper sur les bâtiments de différentes façons.

Pour autant, et même si certains points faibles de son aîné sont ici aussi présents – comme des quêtes annexes et des collectibles très laborieux à récupérer et enfermés dans un système très répétitif – le gameplay dans les combats semble avoir trouvé sa propre identité. Au fur et à mesure que l’on améliore les capacités de Jin Sakai, on débloque différentes postures de combat qui s’avèreront chacune efficace contre certains types d’ennemis – ceux avec bouclier, lance, épées ou brute. De même, les objets utilisables en combat s’avèrent très intéressants dans ceux-ci, mais aussi durant les phases d’infiltration. De manière générale, les combats sont assez tactiques car il faudra changer à la volée entre les styles de combat pour optimiser son efficacité. A noter que le jeu ne propose pas de véritable lock des ennemis, ce qui peut amener des situations agaçantes où Jin tape dans le vide à un moment inopportun. Parfois très très enervant mais heureusement, on arrive à prendre le pli assez vite.

Comme dans la plupart des jeux du genre, nous retrouvons une touche de RPG dans les améliorations des armes et armures – où il vous faudra récolter différentes ressources pour débloquer les évolutions – et les personnalisations des tenues en termes purement cosmétiques. L’évolution de Jin dans les capacités de combat, santé et détermination est également régie par des points de compétences à débloquer au fur et à mesure des missions. Rien que du très classique, en somme. La détermination, d’ailleurs, sera surtout utile pour se soigner en cas de coup dur en combat. Pour l’augmenter, il faudra en passer par des activités annexes en majorité – et notamment le fait de suivre des renards jusqu’à des autels devant lesquels vous devrez prier pour débloquer des points de détermination. A noter que le jeu propose une interface très minimaliste qui permet de s’immerger totalement dans l’univers, la meilleure preuve : vous n’aurez pas à l’écran d’indicateur de votre destination, il faudra pour savoir où aller suivre… le vent. Une idée très inspiré et appréciée.

Un travail visuel de haut niveau

Les jeux en monde ouvert ont parfois tendance à faire des concessions sur la qualité graphique – même si cela se voit moins sur les consoles actuelles – mais on peut dire que Ghost of Tsushima n’est pas vraiment concerné. Si sur un aspect purement technique le jeu a des défauts, artistiquement, le constat est très positif. C’est beau, c’est poétique et très varié selon les zones que vous traversez. Quitte à être parfois un peu irréaliste. On aime ou non, mais une chose est sûre : Le dépaysement est bien présent et on passe parfois quelques secondes à contempler pour le plaisir quand on tombe sur une zone qui sort de l’ordinaire.

Le rythme du jeu se prête bien à ce genre d’exercice, pour peu que l’on résiste un peu aux sirènes du voyage rapide. Il est parfois possible de trouver des sources chaudes où Jin peut se reposer en méditant sur un sujet, un endroit avec un joli panorama où le héros va se poser pour composer un haïku – une forme brève de poésie japonaise. Evidemment, on peut toujours se dire que des développeurs d’un studio américain ne peuvent pas saisir l’essence d’un pays comme le Japon, pourtant, la sensation est bien là et on a le sentiment que la mission est plutôt réussie à ce niveau-là. Notons que le jeu peut être passé en mode noir et blanc, dans le plus pur style des films d’Akira Kurosawa, un ajout sympathique mais franchement anecdotique.

Les doublages français sont d’excellente qualité, et le choix d’opter pour les voix japonaises est également donné. Elles sont, elles aussi, parfaitement dans le ton. La bande originale propose beaucoup de variété avec des thèmes tantôt doux ou plus épique – ces derniers sont très réussis, notamment dans la bataille d’introduction. Les musiques en combat ou lors des duels traduisent la tension entre les combattants. En bref, la musique est l’un des gros atouts de Ghost of Tsushima.

 

Verdict

8/10

Ghost of Tsushima est un excellent jeu, avec de belles idées ou, du moins, une excellente optimisation d’idées déjà exploitées auparavant. Il reste cependant un peu trop répétitif dans ses quêtes annexes pour totalement convaincre, en plus de l’absence de ciblage dans les affrontements. Reste un très bel univers et un scénario qui tient en haleine, une expérience à recommander, sans aucun doute.

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