[TEST] Metroid Dread, un retour aux sources réussi pour Samus

C’était la grande surprise de l’E3 2021. Metroid Dread, le nouvel épisode de la saga de Nintendo, est disponible depuis le 8 octobre dernier. Un gameplay à l’ancienne qui épouse des outils et des graphismes modernes, la réussite de cet opus est totale. On va vous dire pourquoi !

Qui aurait cru, après la révélation du développement de Metroid Prime 4 (dont un teaser avait été montré à l’E3 2017), que le prochain jeu de la saga galactique sur la chasseuse de primes Samus Aran allait être un jeu totalement différent ? Édité par Nintendo et développé par MercurySteam Entertainment, déjà à l’oeuvre sur la série Metroid avec le remake de Samus Returns sur 3DS en 2017, Metroid Dread est un jeu d’action aventure en 2D qui marque l’arrivée de la Switch OLED, sortie le même jour. Entre son game design à l’ancienne et ses clins d’oeil aux films Alien, le cinquième opus officiel de la saga Metroid signe le retour de Samus et nous met l’eau à la bouche en attendant de la retrouver en 3D.

Les huitièmes passagers

Même si l’histoire n’est pas le point le plus intéressant de ce Metroid, y revenir paraît important pour en comprendre ses enjeux. On retrouve donc cette chère Samus Aran, avec son armure mythique et sa soif de chasser les pires aliens de la galaxie. L’intrigue se passe 20 ans après celle de Metroid Fusion (l’épisode GBA sorti en 2002) sur la planète ZDR où des parasites, sobrement appelés X, refont surface alors qu’on les pensait disparus. Pour enquêter, la Fédération envoie des robots surdéveloppés appelés E.M.M.I. pour “Explorateurs Mobiles Multiformes Interplanétaires“, afin qu’ils puissent donner des réponses sur le retour du parasite. Cependant, le contact est rapidement perdu et la Fédération préfère envoyer la chasseuse de primes pour faire état de ce qui est advenu des robots. Arrivée dans les tréfonds de ZDR, Samus doit retourner à la surface, où se trouve son vaisseau. Elle devra malheureusement faire face aux E.M.M.I. devenus néfastes et parasités par le virus X. Samus affrontera tout un panel de créatures aussi impressionnantes que puissantes pour sortir indemne du dédale de ZDR.

C’est dans les vieux pots qu’on fait les meilleures soupes

Comme c’était à prévoir, Metroid Dread reprend des mécaniques de gameplay à l’ancienne : plateforming et shooting en 2D, le level design qui se découvre au fil des pas, les compétences qui ouvrent des pans de niveaux, le die and retry constant (à la manière d’un Dark Souls : apprendre par coeur le pattern d’un boss ou d’un E.M.M.I. pour le vaincre) mais aucunement frustrant, etc. Toutes ces fonctionnalités sont du déjà vu dans l’univers Metroid, présent sur nos consoles de salon depuis 1986 avec le premier épisode sorti sur NES. Dread reprend les codes et les met à profit pour créer une expérience ultime et jouissive. Récupérer les pièces d’armures pour que Samus retrouve sa badassitude, obtenir les compétences pour débloquer des nouveaux accès aux différents niveaux, se voir devenir de plus en plus puissant au fil des pas, c’est une véritable force de ce Metroid et quel pied ! On retrouve beaucoup de fonctionnalités : la balle morphing, le triple shot, le grappin, et bien d’autres surprises. À leur obtention, la puissance de Samus se réveille petit à petit, et apporte un sentiment de surpuissance au joueur. Car, bien évidemment, la chasseuse commence son enquête seulement avec son canon de base, ses roquettes et ses sauts. À vous de l’aider à recouvrer son équilibre et sa force.

“Je suis ton meilleur E.M.M.I.”

La crainte ne réside pas dans les ennemis basiques ou les boss de fin de niveaux, ce sont les E.M.M.I. qui apportent la peur (d’où le nom du jeu, “dread” signifiant “peur” dans la langue de Shakespeare). Les robots sont au coeur de l’intrigue, et l’IA Adam qui nous guide tout au long de notre périple ne cessera de répéter que nous sommes “impuissants face à cette menace, il ne faudra pas la combattre, mais la fuir”. Car, même si Samus retrouve peu à peu ses capacités, les E.M.M.I ont toujours une longueur d’avance : plus rapides, s’adaptent à leur environnement, ne cessent de nous traquer et émettent un son stressant (et entêtant). Si le Xenomorphe de la saga Alien était une IA, il serait un E.M.M.I., voilà qui est rassurant ! Pour les vaincre, il faudra récupérer le canon oméga, arme éphémère qu’on obtient en détruisant une unité centrale. Heureusement, les robots ne nous traquent pas dans l’entièreté du niveau mais seulement dans des zones spécifiques, délimitées par des portes spéciales qui les empêchent de nous suivre. L’exploration dans les zones E.M.M.I. est un des points forts de Metroid Dread, car ce sont des zones d’utilisation complète des compétences de Samus. Tantôt il faudra se cacher en boule morphing, tantôt on devra s’agripper aux parois tout en utilisant l’invisibilité, c’est un vrai bac à sable et une invitation à jouer au chat et à la souris. Un moment de fun dans la peur, habillé par un level design qui frôle la perfection.

Le labyrinthe de pan-pan

Le level design est une des forces majeures d’un jeu Metroid. Samus arrive dans un endroit et découvre la carte au fur et à mesure. Dans une zone, certains endroits sont visibles mais non accessibles avec ses compétences actuelles, elle devra donc y revenir plus tard lorsqu’elle en aura déverrouillé une. Les retours en arrière sont donc très nombreux et permettent toujours et d’avancer dans l’histoire et d’aller de l’avant dans ces couloirs labyrinthiques. Ce type de jeu au level design fourni, plus communément appelé Metroidvania (mélange entre Metroid et Castlevania, N.D.L.R), est aujourd’hui légion dans le paysage vidéoludique : Hollow Knight, Ori and the Blind Forest, Blasphemous, etc. Et ce retour aux sources forge la réussite de Metroid Dread. Malgré l’impression de labyrinthe constant quand on visite et en regardant la carte, on n’est jamais vraiment perdu. Le jeu met au premier plan la découverte au service du gameplay. Il arrive toujours à mettre le joueur sur le droit chemin, en fermant l’accès à certains endroits après y être passé par exemple, l’obligeant donc à trouver un autre moyen pour revenir en arrière. Ou à tester ses armes sur le décor pour qu’il trouve un nouveau chemin. Comme dirait J.R.R. Tolkien, “tous ceux qui errent ne sont pas perdus”.

Quelques points négatifs

Oui, Metroid Dread est très bon, mais certaines choses manquent pour approcher la perfection. Malgré sa simplicité dans son game design en 2D, le jeu souffre du manque de fluidité de la console nipponne : quelques ralentissements lorsque des particules apparaissent à l’écran, des textures aux fraises pendant certaines cinématiques (faites sur le même moteur que le jeu), un sound design un peu trop généralisé surtout pendant les phases E.M.M.I. (qui auraient pu être encore plus flippantes si le son avait été entièrement spatialisé). Malgré tout, que ce soit sur TV ou sur l’écran portable (testé sur une Switch de base, non une OLED), les graphismes de Metroid Dread sont plus que corrects et la diversité des zones invite constamment à l’exploration. La musique omniprésente arrive à nous faire ressentir autant l’effroi dans les zones E.M.M.I., que l’épique dans les combats de boss. Un véritable plaisir réside dans la prise en main du personnage plus badass que jamais, et le retour à la 2D montre bien que le vintage n’a jamais autant été à la mode.

Verdict

9/10

Metroid Dread est un immanquable de la Nintendo Switch. Il applique des codes vus et revus mais dans un univers qui a lui même créé ces codes, et qui commençait à manquer au monde vidéoludique. Ce nouvel opus mélange ancien et moderne et rend accessible ce type de jeu à tous ceux qui n’ont jamais osé se lancer dans un Metroid, de peur d’avoir mal vieilli ou de retrouver un gameplay trop rigide. Metroid Dread est un excellent premier Metroid. Alors pour tous ceux qui auraient peur de se frotter au phénomène, allez-y les yeux fermés (mais pas trop quand même). Un bel opus, en attendant Metroid Prime 4.

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