[TEST] Omno, un jeu qui laisse rêveur

En parcourant la liste de notre grand manitou Will, un nom complètement inconnu au bataillon retient mon attention : Omno. Après une brève recherche, je découvre que c’est un jeu indé avec une charte graphique des plus adorables. Certains connaissent mon affection pour les jeux indés et je dois dire que cela a été une très belle découverte !

 

Petit aparté

Avant de parler plus longuement du jeu en lui-même, parlons de son créateur. Le jeu a été entièrement développé (hormis le sound design) par Jonas Manke (prononcez-le bien Yonas pour faire honneur à la langue de Goethe). Un character animator (animateur de personnage) et artiste qui a travaillé pour des entreprises de publicité, de films d’animation et de jeux vidéo. En 2016, il commence à travailler sur un projet personnel : Omno. 1er novembre 2018, il lance un financement participatif sur Kickstarter afin de financer son jeu. En seulement dix jours celui-ci était financé. À la fin de la campagne le 4 décembre, l’objectif a atteint 300% soit 97 769€ récoltés par le don de 3 471 contributeurs ! Un budget qui a permis à Jonas de développer son jeu sereinement tout en répondant aux besoins de sa famille. Une première date de sortie est annoncé pour septembre 2019 et comme vous l’aurez compris celle-ci a été reportée finalement pour une date finale le 29 juillet 2021.

 

Petit rêve

Je m’éveille doucement de ma méditation. La brise chatouille mon visage, faisant danser mon écharpe. Un chant de ce que je pense être un oiseau me pousse à me lever pour découvrir de quoi il s’agit. Descendant une petite pente, à travers les herbes j’aperçois un groupe de volatiles. M’aventurant un peu trop près, je déclenche leur envol. Ils sont si magnifiques dans ce ciel fuchsia volant à travers la brume ambiante. Voilà ce qu’on ressent quand on joue à Omno. Une aventure poétique qui nous transporte dans un univers onirique. On y incarne un petit “bâtonnier” qui entreprend une sorte de pèlerinage dans les vestiges éparses d’une civilisation oubliée. L’ambiance est très réussie avec un monde vivant, surprenant et fascinant. Les graphismes collent parfaitement avec le lyrisme de l’univers. Enfin, la musique de Benedict Nichols (sound designer primé sur Before We Leave) renforce et porte énormément le côté contemplatif du titre.

 

Petite aventure

Omno est un jeu solo d’aventure combinant puzzles et contemplation. Outre le tutoriel, rien n’est dit, tout est suggéré. Ainsi le jeu est intuitif et fluide, ce qui le rend d’autant plus agréable. Les puzzles sont classiques, mais efficaces. La maniabilité est tout simplement parfaite, le ressenti (le fameux game feel) manette en main est jouissif. Par ailleurs, Omno fait partie de ces rares jeux pacifistes où on découvre et interagit avec le monde qui nous entoure. Tout le gameplay tend vers cela et c’est très réussi. Quelle meilleure récompense que d’être rejoint par des pingouins dans notre glissade quand on passe à côté d’eux ? Les créatures rencontrées ont toutes une interaction singulière avec notre personnage, ce qui nous permet de les répertorier dans notre bestiaire. En échange de cette interaction, on reçoit des fragments lumineux que l’on peut échanger, une fois la quantité maximale accumulée, contre un noyau lumineux qui permet d’avancer dans le niveau. En parlant de niveaux, ceux-ci sont de grands espaces dans lesquels on évolue (presque) librement. La progression est équilibrée sans souffrir de longueurs. Avec 4h30 de jeu, la durée de vie peut paraître plutôt courte, mais elle suffit amplement à proposer une expérience d’exception.

 

Le jeu est disponible sur Steam et les stores de PlayStation, Microsoft et Nintendo. Le test a été réalisé sur PC.

Verdict

10/10

Si ça ne tenait qu’à moi, je n’aurais pas mis de note. Omno est un jeu indépendant incroyable qui apaise et emmène dans un univers onirique. Le jeu dans son ensemble est très prenant que ce soit par son ambiance, sa musique, son gameplay ou ses graphismes. C’est un genre qui n’est pas facile à réaliser, bien loin de là. Pourtant, Jonas Manke, son unique créateur, a pris le risque et a créé un petit chef d’œuvre. Pour ma part, j’ai retrouvé les mêmes sensations en exploration/contemplation que dans Shadow of the Colossus et Journey, ce qui explique cette note. C’est clairement un coup de cœur.

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